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LE CERCLE DES AMIS DE LA PHILOSOPHIE RENÉ CARRÉ

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12 décembre 2011

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 CAP VERS LE CAPH : L’INGÉNIEUR COUSEILLANT CONSEILLE ET INVITE

 L’ingénieur Jean Flambert COUSEILLANT en réaction au texte du Dr Volvick RÉMY- JOSEPH m’a fait parvenir ce gentil courriel, ci-dessous, et en a profité pour faire appel à tous les « bien- pensant » à l’effet qu’ils doivent s’évertuer à bien penser car rappelle-t-il : « C’est à partir de la « PENSÉE » que l’être se construit et aide d’autres à faire pareil ». Par la même occasion, il invite tous les amis, toutes les amies à intervenir aux fins d’alimenter les colonnes de le « CAPH », le cercle des amis de la philosophie qui se veut un cadre de référence  pour tous ceux et pour toutes celles qui désirent émettre des pensées positives. Leurs  idées seront toujours bienvenues à le CAPH  quelles que soient les tendances : Qu’ils soient des partisans de  PLATON qui pense qu’elles sont  » l’essence purement intelligible et éternelle, dont les choses ne sont que le reflet » ou  de HEGEL qui de son côté croit qu’elles sont de préférence  » l’unité de l’existence et du concept « .

Que les amis Internautes aient l’assurance que leurs textes auront un « traitement personnalisé ». Ils auront toute l’attention et tout  le respect qu’il faut.

 Mettez le cap vers le CAPH. Faites bouger la philosophie pour une meilleur façon de comprendre et de vivre au sein de la société. Dites vous bien que les « belles pensée philosophiques » sortent souvent de la bouche des enfants et des fous. Les « sots », leur comportement, des fois, n’est -il pas, à bien considérer, un modèle digne de celui d’un grand philosophe!

 Alors : LA PHILOSOPHIE C’ESTQUOI ?

 À vous la réponse

 Maurice CELESTIN, le chapeauteur

 Coordonnateur du CAPH

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 Bonjour Maurice,

 Coordonnateur du CAPH,

 C’est avec grand plaisir que j’ai lu les réflexions du Dr. Volvick Rémy-Joseph sur le thème de « La pensée » et par extension sur le « Cogito ergo sum » de René Descartes. J’en profite pour inviter d’autres amis/amies à intervenir le plus souvent possible sur ce thème parce que, n’en déplaise à Martin Heidegger et ses disciples, c’est à partir de « La pensée » que l’être se construit et aide d’autres à faire pareil.

 Pourquoi est-ce qu’on devrait y insister? Parce que je constate que, de nos jours, certains jeunes s’adonnent à l’écoute de la musique  constamment et même là où il ne faudrait pas (en pleine rue) sans jamais se pencher sur leur propre capacité. Le problème ne vient pas du fait qu’ils écoutent trop souvent de la musique, mais du fait qu’ils nous laissent l’impression qu’ils n’ont plus de pouvoir de penser par eux-mêmes, qu’ils ne pensent plus comme Descartes le voudrait.

 Ne serait-ce pas là une des causes du grand décrochage scolaire dont  les gouvernants se plaignent tant. En tous cas, si l’on considère le cas de notre pays, il serait aussi grand temps d’en informer les jeunes aussi bien que les moins jeunes de ces courants philosophiques qui les amèneraient peut-être sur la voie de leur auto-construction. Car, avec « La pensée » dans le plein sens du terme, on arriverait très très loin…Donc, ne cessons pas de « Penser » que nous soyons scientifiques, philosophes ou les humbles aidants…

 Merci Maurice,

 Merci Docteur Rémy-Joseph

 Flambert

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  LE Dr VOLVICK RÉMY-JOSEPH INTERVIENT

 Décidément, le train est en marche. Après la réponse du Dr MOMPLAISIR à l’ingénieur COUSEILLANT, le Dr RÉMY-JOSEPH émet des réflexions autour des considérations philosophiques soulevées et profite de la même occasion sinon pour définir du moins pour renchérir sur les objectifs du mouvement CAPH (cercle des amis de la philosophie) qui vise à susciter un regain d’intérêt à cet important domaine de la connaissance qui, au bénéfice de tous, mérite d’être vulgarisé.

 Maurice CELESTIN, le chapeateur

Coordonnateur

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  A L’OMBRE DELA SAGESSE

  Par le Dr Volvick REMY-JOSEPH

 La culture philosophique attire irrésistiblement vers Athènes, pour retrouver des maîtres de la pensée, tels Platon, disciple de Socrate et maître d’Aristote ; Sophocle, le poète de la trilogie libre, au pied du Parthénon érigé par Périclès, dont le nom domine le siècle le plus brillant dela Grèceantique, pour avoir versé sur son peuple les ondées bienfaisantes dela Démocratie.

 Mon ami-frère et confrère, Dr Michel-Ange Momplaisir, prince de la philosophie, appréciant les réflexions philosophiques de l’Ingénieur Jean Flambert Couseillant , d’abstraction en abstraction nous a introduit dans les dédales dela Métaphysiqueà la recherche des causes premières ou « des voies d’accès », selon Thomas d’Aquin. Pour ce faire, il a aligné les grands philosophes, de l’antiquité à nos jours, au pied dela Montagned’où le Christ a lancé les grands préceptes divins et les Béatitudes. Une fois de plus, il nous révèle que la philosophie, quintessence de la culture, couvre l’universalité de la connaissance. En effet, un de ses attributs est de relier le présent au passé en nous mettant en contact avec les grands penseurs, c’est-à-dire, avec ceux qui se sont immortalisés par la pensée profonde, source des grandes réflexions touchant à l’existence même de l’Être.

 Le « Cogito ergo sum » de Descartes qui ne cesse de résonner au Portique de l’Esprit, se mue en ondes cascadées pour quela Raisonoriente notre raisonnement qui ne doit « rien admettre pour vrai avant d’être reconnu comme tel. » Et s’il arrive que notre raisonnement s’affaiblisse devant la fermeté dela Foi, il n’en reste pas moins que le Frère Marie Victorin conclut ses recherches surla Théorie Darwinistede l’Évolution et le Transformisme de Lamarck, par cette pensée éclectique que «l’homme serait le résultat d’un effort prolongé dela Terretout entière ».

 D’entrée de jeu, je professe que la Scienceet la Religionne sont que des formes distinctes de la Culture. Laseconde est nettement affirmative, tandis que la première se lance à la recherche constante d’arguments à force probante. La Philosophies’interpose entre les deux . Mais tandis que la Religionpart de l’Être Suprême, le Dieu créateur, pour aboutir à l’homme du 6e jour,la Science fait intervenir l’assimilation chlorophyllienne en une photosynthèse à la base de la chaîne trophique, succession de consommations prédatrices finalement limitées par l’action des détritivores qui réduisent l’homme à la matière première dont il est issu; de sorte qu’au stade de la mort le résultat final reste le même « Memini homo pulveris es et in pulverem reverteris ».

 Alors que devient l’Homme après la mort ? C’est ici que les idées deviennent divergentes. Certes, l’apparition du Christ aux Apôtres, nettement vérifiée par St Thomas, semble indiquer que la mort n’est point une fin. Mais on doit se souvenir que Jésus est le Fils de Dieu et qu’à la question du Petit Catéchisme, notre réponse a toujours été : « Oui, le Fils est aussi Dieu. » L’on se souviendra tout aussi bien qu’àla Réuniondu Club fermé des Quakers, il était entendu que le premier d’entre eux qui mourrait, devait révéler aux autres le mystère de l’outre-tombe. William James fut le premier à partir et l’on n’eut jamais de ses nouvelles.

 J’ai vite détecté dans les propos de l’Ingénieur Jean Flambert Couseillant, la sagesse qui, par définition, caractérise le philosophe. Il présente ses réticences avec une extrême prudence, en faisant l’apologie de l’humilité, sur les traces de St Augustin, le conciliateur du platonisme et de la foi dans son ouvrage « La cité de Dieu » et de St Thomas d’Aquin dont la doctrine, le thomisme mis en exergue dans sa « Somme théologique », recherche l’harmonie entre la foi et la raison. Bien avant eux, le grand Socrate nous est présenté par Platon dans ses Dialogues notamment «La République» et « Les lois». Curieusement, Socrate n’a laissé aucun écrit. Mais il s’est signalé par sa méthode d’enseignement, en questionnant ses disciples pour apprendre d’eux : cette méthode connue sous le nom d’« ironie socratique » est relayée par la maïeutique, (accouchement des esprits) en leur faisant remarquer qu’ils savaient ce qu’ils croyaient ne pas savoir, et par la dialectique, pour atteindrela Véritéau sommet de laquelle plane l’idée du Bien. Ainsi, la dialectique n’est autre que la forme méthodique imprimée au raisonnement. Prise dans ce sens, elle a pour bases la logique et son corollaire la métalogique qui conduisent au discours vrai en tout état de cause.

 Le talentueux « Chapeauteur », Maurice Célestin-Noel, a eu l’heureuse initiative de lancer la formation d’un Cercle des amis de la philosophie (CAPH) à libre tribune, appelé à vulgariser cette discipline, en rafraichissant ses notions de base, en éveillant les esprits sur des sujets hors de l’ordre commun, en présentant des réflexions basées sur la méthode de « Lecture pour tous », en suscitant de la polémique de haut niveau, en mettant la jeunesse en particulier et tous les intéressés, en général, à l’École des grands philosophes de tous les temps. Il va de soi que les intervenants seront libres de philosopher, c’est-à-dire d’opiner sur toutes les branches de la philosophie, dans ses composantes de Psychologie, de Logique, de Morale et de Métaphysique prises isolément ou combinées avec la pensée des grands philosophes pour les rapprocher des leçons dela Vieou de l’Existence, sources de la philosophie par excellence.

 Que de philosophie ne se dégage des proverbes de notre savoureux créole, comme il en est des Proverbes bibliques de Salomon, des Maximes de Labruyère ou des Fables de Jean de Lafontaine ! Alors, pourquoi ne pas utiliser la maïeutique pour révéler aux plus sceptiques qu’ils peuvent faire de la philosophie comme « Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir ?»

 Dr Volvick Rémy Joseph

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4 décembre 2011

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LE Dr MOMPLAISIR RÉPOND À L’INGÉNIEUR COUSEILLANT

Cher ingénieur Flambert,

Je vous remercie beaucoup d’avoir apprécié mon texte commentant sur le mot de Heidegger, la science ne pense pas. Je vous sais gré de votre encouragement. Rares sont les Haïtiens qui, comme vous, le font. Nos compatriotes sont plutôt casse-pieds.

Permettez-moi de vous dire, en passant, que j’aime beaucoup mon pays d’origine, Haïti, « de furieuse amour », pour reprendre cette expression archaïque de Louis-Joseph Janvier, la seule qui convienne dans ce cas.

Votre interrogation porte sur deux points: 1. – La place de l’autre dans la construction du monde, 2. – La reconnaissance de la main de Dieu sur tout ce qui existe. Ces deux points se rejoignent, voire se fusionnent.

Il me semble que, comme moi, vous attachez beaucoup d’importance à l’humilité. Selon le dramaturge Marcel Aymé (1902-1967), « l’humilité est l’antichambre de toutes les vertus. » Il rejoint saint Augustin que vous avez si bien cité.

D’une part, comme je l’ai écrit dans mon testament spirituel, mon ce que je crois, non encore publié (le coût de la publication d’un manuscript est devenu prohibitif), ce sont ceux qui aiment et se font humbles, comme les bergers de la crèche, petits comme des enfants, qu’il appartient d’entrer dans l’intimité de Dieu. Il faut être un enfant pour déchirer le voile de l’Être, celui du Premier Étant, l’Étant étamment étant, l’Ontos on. Dans les métamorphoses de l’esprit chez Nietzsche, l’enfant fonde des valeurs nouvelles. Libre affirmation de la vie, il est « innocence et oubli, un nouveau commencement et un jeu, une roue qui roule sur elle-même, un premier mouvement, un oui sacré », lit-on dans Ainsi parlait Zarathoustra.[1]

Ne soyons pas surpris des propos de Jésus : « En vérité, je vous le déclare, qui n’accueille pas le royaume des cieux comme un enfant n’y entrera pas » (Marc 10, 15). Et dans les Béatitudes : « Heureux vous les pauvres, le royaume des cieux est à vous » (Luc 6, 20). Paul Claudel l’a bien compris. Je vous conseille de le suivre :

« Ô que je suis le fils de la femme !

Car voici que la raison et la leçon des maîtres et

L’absurdité, tout cela ne tient pas à rien

Contre la violence de mon cœur et contre

Les mains tendues de ce petit enfant.

Ô larmes, ô cœur trop faible,

Ô mine des larmes qui saute ! »[2]

D’autre part, il faut apprendre à aimer autrui, notamment en lui donnant les moyens de se réaliser. Les Haïtiens ne cessent de s’entre-déchirer. Comment peuvent-ils construire quoique ce soit. Certainement pas dans la divsion. La devise de l’homme, enseigne Gabriel Marcel, un digne représentant de l’existentialiste français croyant, opposé au courant athée sartrien,  « n’est pas sum, mais sursum. »  Sans ce sursum, ce sursaut, aucun dépassement spirituel rien n’est possible. Mais, quoiqu’il en soit d’Haïti, notre pays, ne désespérons pas. Le désespoir est toujours un crime contre l’esprit.

Le deuxième point concerne la reconnaissance de la main de Dieu sur tout ce qui existe.

Dieu est insaisissable au moyen des concepts de la raison raisonnante. Emmanuel Kant l’a bien montré dans sa Critique de la raison pure. S’égarant dans des pétitions de principe, tournant à vide dans des cercles vicieux, les diallèles des anciens Grecs, les concepts de la raison pure eo ipso se muent en anagrammes de la raison, une raison ratiocinante. Après divagations ces concepts ne débouchent que sur des idoles, ou sur le vide..

Il n’existe pas de démonstration de l’existence de Dieu. Saint Thomas d’Aquin, le Docteur angélique, préfère parler de voies d’accès. Il en propose cinq, à partir de l’examen de la nature. Les philosophes arabes Al-Farabi (875-950) et Ibn Sina, qu’on traduit en français par Avicenne (980-103),  avaient procédé de la même manière. Les textes de ces penseurs arabophones avaient été traduits en latin pour les auteurs dela Scolasiqueeuropéenne par Dominicus Gundisalvi (1105-1181) de l’École de Tolède

« L’univers est la mélodie d’un modulateur ineffable », écrit Paul Claudel, une formule qu’il emprunte à saint Augustin, et à saint Thomas d’Aquin, utilisée aussi par Voltaire. Que serait un Dieu démontré ?

« C’est le cœur qui sent Dieu, non la raison », écrit Pascal. Pour Édouard Le Roy (1870-1954), « Dieu ne se prouve pas, il s’éprouve. A vrai dire on ne le démontre pas : on l’expérimente, on le vit. »[1] Charles Sanders Peirce (1839-1914), le père du pragmatisme anglo-américain, nous invite à suivre sa démarche : « Ouvrez vos yeux et votre cœur. »

Il n’y a pas de nom pour Dieu. Même le mot Dieu qui, croient beaucoup de chercheurs, vient du remplacement du Z de Zeus, dieu du panthéon grec, par la lettre D, donnant le Deus latin, Dieu en français, n’exprime pas cette réalité supertranscendante. Elle dépasse les limites humaines. D’ailleurs à Moïse sur le Sinaï, Dieu s’est identifié en disant : « Je suis Celui qui suis »/EGO SUM QUI SUM. Ce qui signifie : « Je suis l’Être dont l’Essence est d’être ou d’exister. » Dans le grec des Septantes, EGÔ EIMI HO ÔN, « Je suis l’Étant étamment étant. » Notons que Dieu ne saurait parler à la troisième personne. Donc, oublions les fautes de grammaire. Je pense au mot du philosophe Vladimir Jankélévitch : « Seul Dieu est capable de ces percées illégales au travers l’impitoyable légalité. »

Il est préférable de dire avec saint Augustin et saint Thomas d’Aquin : « Dieu est Amour »/Deus caritas est. La création du monde ex nihilo est un don de l’amour de Dieu. Une thèse métaphysique. Autre chose est l’évolutionnisme, une thèse scientifique.

Donc, c’est par l’amour, et seulement par l’amour que nous, les humains, pouvons nous approcher de Dieu. En faisant le bien à nos frères. L’athée généreux communique à son insu avec Dieu. Au fond, il se piège. Il n’y a pas d’athées, il n’y a que des idolâtres.  C’est pourquoi, le philosophe italien Gianni Vattimo, un penseur contemporain, fait observer qu’« il n’y a plus aujourd’hui de raisons philosophiques plausibles et fortes d’être athée. »[1] Je ne serais pas surpris de rencontrer ces bons athées au ciel. Connaissez-vous la grande faiblesse de Dieu ? La voici : «« J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu, malade et vous m’avez visité, prisonnier et vous êtes venu me voir » (Mathieu, 35, 36). Seules les bonnes œuvres, dit un vieux proverbe, sont les arrhes du salut. Le poète Agrippa d’Aubigné me revient :

« Vous qui m’avez vêtu au temps de la froidure,

Vous qui avez pour moi souffert peine et injure,

Qui à ma sèche soif et à mon âpre faim

Donnâtes de bon cœur votre eau et votre pain,

Venez, race du ciel, venez, élus de mon Père… »

Saint Augustin avait raison de proclamer Ama et fac quod vis, aime et alors fais ce que tu veux. Dieu est toujours accueillant. L’image farouche que naguère on présentait de Dieu est fausse. C’est ce qui explique que beaucoup lui ont tourné le dos.

Quoique au-delà de toute essence/epekeina tês ousias, pour reprendre Platon au Livre VI de La République, dans sa Somme de théologie, Saint Thomas d’Aquin (1225-1274) affirme la transcendance et l’immanence de Dieu : Discendum quod Deus est supra omnia per excellentiam suae naturae. Et tamen est in omnibus ut causans omnium esse/ Dieu est certes transcendant, il est au-dessus de toutes choses par l’excellence de sa nature. Et cependant il est immanent, il est en toutes choses en tant qu’il cause l’exister de tous les êtres.[3]

Deum esse creaturae clament (les créatures clament que Dieu existe), écrit saint Albert le Grand dans sa Somme de théologie.[4] Dans l’Antiquité Aristote s’était basé sur « la régularité des astres » comme l’une des causes de la conception des dieux.[5]

Avec le grand théologien Paul Tillich je crois que « l’univers est le sanctuaire de Dieu, et que tout jour ouvrable est le jour du Seigneur. »[6]

J’espère que vous aurez l’occasion de lire un jour mon testament spirituel. En vous  souhaitant vivement cette opportunité, je vous prie de croire, cher ingénieur Flambert, mon compatriote,  en l’expression de mes sentiments dévoués.

Michel-Ange Momplaisir


[1].- Première partie d’Ainsi parlait Zarathoustra : Les discours de Zarathoustra.

[2].- Cinq Grandes Odes.

La devise de l’homme, enseigne Gabriel Marcel, « n’est pas sum, mais sursum ». Sans ce sursaut, ce sursum, la spiritualité de l’amour dépassement, aucune construction du monde, notamment celle de notre pays, Haïti, n’est possible.

Aimer cela veut dire, écrit Hegel dans la Philosophie du droit, « d’une manière générale la conscience de mon unité avec un autre, si bien que je ne suis pas isolé pour moi, mais que je m’acquiers ma conscience de soi qu’en renonçant à mon être pour soi et en me connaissant comme unité de moi avec l’autre et de l’autre avec moi… »[2]

Aimer c’est donc s’ouvrir sur l’autre. Par l’autre, l’amour renvoie à l’Être, à l’Ontos on. L’autre, notre prochain, notre compatriote, est toujours un référentiel transcendant, peu importent ses défauts, ses sautes d’humeur ; nous en avons tous. Autrui est élévation, hauteur. Il y a deux axes de l’amour, l’un vertical, vers l’Être, l’Ontos on; l’autre horizontal, vers autrui.

L’amour ne connaît pas de frontière. Il ne s’arrête jamais. « Ni la laideur, ni la vermine ne le rebutent », affirmela Petite Thérèsede l’Enfant Jésus.

Pour Martin Buber : « Je m’accomplis au contact du tu. Je deviens je en disant tu. » Emmanuel Levinas reprendra Buber. Pour Levinas, la philosophie et une éthique. D’un autre côté, ce que Maurice Merleau-Ponty appelle, le « chiasme » exprime que « le rapport avec autrui et avec moi sont entrelacés et simultanés. »[2] C’est l’intersubjectivité, que Merleau-Ponty appelle l’intercorporéité. « Le corps d’autrui et le mien sont un seul tout, l’envers et l’endroit d ‘un seul phénomène. »[2] J’ai la responsabilité du corps d’autrui autant que du mien.

Célébrer la gloire de Dieu revient donc à aimer son prochain, image du Divin. Qui ne l’a pas compris n’a rien compris du message de Dieu.

Quant à moi, comme je l’ai témoigné dans mon testament spirituel (non encore malheureusement publié, à cause du coût prohibitif des éditeurs), je crois en l’amour, cet élan qui passe par autrui en direction de l’Absolu « La visée de tout amour véritable est de se retrouver soi-même dans l’autre. »

Je crois qu’on ne peut construire son être et le monde que par l’amour. Au cogito ergo sum (je pense, donc je suis) de Descartes, je préfère amo ergo sum (j’aime, donc je suis).  Pour Paul Ricœur, l’un des Maîtres de l’herméneutique moderne, « l’acte du cogito vit d’accueil, de dialogue, et d’amour. ».

[3]. – I, q.8, a. 1, ad. 1.

[4].- Cité par Claude Tresmontant in La métaphysique du christianisme et la crise du XIIIe siècle, Éditions du Seuil, 1964, p.338.

[5].- De philosophia, Fragment 13, Ross.

[6].- Cité par Michaël Foessel in La religion, Textes choisis et commentés, GF Flammarion, 2000, p. 107.

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28 novembre 2011

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LE C.A.P. EN ACTION

Le cercle des amis de la philosophie (CAP) semble prendre son envol. Il semble mettre le cap sur le concret, sur l’action. Avec la réponse, ci-dessous, de l’ingénieur COUSEILLANT c’est une balle qui est lancée, c’est un point de départ. Certainement les docteurs Volvick RÉMY-JOSEPH, Michel-Ange MOMPLAISIR et/ou un ou des amis Internautes intéressés à la philosophie ne tarderont pas à répondre pour faire avancer les débats qui, de toute évidence, seront de taille.

Bonjour Maurice,

Merci d’avoir pris la peine de « penser à ce que j’ai pensé » et de le transmettre au Dr. Michel-Ange Momplaisir qui, sans doute, a écourté ses discours habituels en vue d’écrire, comme dit le coordonnateur (Maurice), cette belle page de philosophie ou mieux, de procéder à cet examen critique du cogito. Cela me prouve qu’il y a encore, heureusement, des gens qui pensent et qui pensent bien. Descartes en serait ravi. Cependant, si le Dr Momplaisir me le permet, je continuerai à le croire avec les grands penseurs que la pensée élève et relève l’être humain (l’étant) de même que, à mon humble avis, la foi en Dieu; bien que Foi et science ne fassent pas forcément bon ménage.

Je conclurais, comme le texte du Dr Momplaisir et Socrate « Mieux vaut s’accrocher à l’humilité;  Socrate : « Tout ce que je sais c’est que je ne sais rien. » Et si vous me permettez de paraphraser saint Augustin « Il y a trois voies qui conduisent à la sainteté  (à l’étant parfait) 1) l’humilité, 2) l’humilité 3) l’humilité. Et la pensée est à la bastruction de ces voies. Donc, si le scientifique que je serais ne pense pas de cette façon, comment arriverais-je à donner à l’autre (mon semblable) sa place dans la construction de tout le monde, comment arriverais-je à reconnaître, à voir même la Main de l’étant Suprême (Dieu) simultanément sur tout ce qui existe.

Merci.

Flambert 

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 Bonjour Maurice,

Beaux textes qui nous font revivre, un tant soit peu, les cours de philosophie…Cependant, concernant la phrase suivante, « La science ne pense pas… c’est le propre de son essence, que d’une part, elle dépend de ce que la philosophie pense… » je serais plus du côté de Descartes qui avait conclu: « Je pense, donc, je suis ». La pensée est l’apanage de tous/toutes ainsi que de la science pas après la philosophie…

Merci. 

Flambert

 En effet, mon cher Flambert, grâce à la technologie moderne nous avons la latitude d’échanger de belles idées qui nous permettent de revivre les agréables et fructueux moments passés à l’école. La classe de philosophie est une classe vraiment inoubliable qui nous a conféré la triture pré – universitaire indispensable à notre formation. Les connaissances acquises dans diverses matières dont la philosophie sont à la base de nos possibilités de tenir des pensées de « type cartésien » propres à ceux qui ont eu la chance de former leur capacité de bien raisonner grâce aux instructions de leurs maîtres eux-mêmes initiés à l’art de bien penser. « PENSÉE », mon cher Flambert, de tout temps, a toujours été l’objet de nombreuses discussions dues aux grandes controverses qu’elle a sans cesse suscitées. Comme tu l’as dit , déjà au temps de Descartes, elle était au centre de la cueillette d’idées devant aboutir à une juste définition. Lui a-t-on trouvé la vraie définition? Dieu seul le sait! Toutefois, il convient d’admettre avec Descartes que c’est elle qui justifie, qui donne un sens à  l’ « existence »: « Je pense, donc je suis…j’existe ». Et, de toutes les considérations, on admet que c’est celle du mathématicien- physicien français qui est la plus fondée. Mais faut-il pour autant rejeter les autres? Non. Toutes ont leur pesant d’or et font partie de la trame des pensées positives émises au sujet de ce concept qui laisse encore à penser.

Bien à toi mon cher Flambert

Maurice, le chapeauteur 

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UNE BELLE PAGE DE PHILOSOPHIE

UNE BELLE PAGE DE PHILOSOPHIE OFFERTE PAR LE Dr MICHEL-ANGE MOMPLAISIR (MICKY) EN GUISE DE RÉPONSE À L’INGÉNIEUR Flambert COUSSEILLANT

Nous en profitons pour inviter tous les amis Internautes intéressés à la philosophie à nous faire parvenir leurs textes afin d’alimenter les belles discussions autour de la question. Ils seront heureux de voir leurs interventions traitées avec respect par un groupe d’analystes encadrés par les Dr Michel-Ange MOMPLAISIR et Volvick RÉMY-JOSEPH, des amants de la philosophie et hommes ouverts et tolérants.

Élèves de la classe de philosophie, étudiants en philosophie, amis de la philosophie, participez à cette  »agape de l’esprit »: Envoyez vos textes à cette adresse : lechapeauteur@yahoo.com

Ils seront acheminés au  »CERCLE DES AMIS DE LA PHILOSOPHIE RENÉ CARRÉ ».

 Le  »CERCLE DES AMIS DE LA PHILOSOPHIE RENÉ CARRÉ » portant le nom de feu professeur de philosophie René CARRÉ regroupe des intervenants chargés de traiter et d’analyser tous les textes soumis avant leur éventuelle publication . Les deux co-présidents d’honneur : Dr Volvick RÉMY-JOSEPH et Dr Michel-Ange MOMPLAISIR non seulement auront à donner leur  »OK » à l’analyse faite par le ou les intervenants mais pourront, eux aussi, dans certains cas, intervenir personnellement.

Maurice CELESTIN, le chapeauteur

Coordonnateur 

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 LA SCIENCE NE PENSE PAS ! (martin heidegger) 

par Michel-Ange Momplaisir

Cette déclaration fracassante de Martin Heidegger a fait sursauter les hommes de science de l’Université de Freiburg. Je remercie Monsieur Flambert COUSEILLANT pour son aimable commentaire. Il a lu  avec attention et une excellente appréciation mon texte présenté par le « chapeauteur. » Monsieur COUSEILLANT a mille fois raison d’être médusé, comme moi-même je l’ai été naguère, par l’affirmation de Heidegger. Une vraie provocation, j’allais dire, une déclaration de guerre. Je me permets de reprendre les propres mots du Maître de Freiburg, l’un des barons de la branche athée de l’existentialisme moderne :La science ne pense pas… c’est le propre de son essence, que d’une part, elle dépend de ce que la philosophie pense, mais que, d’autre part, elle oublie elle-même et néglige ce qui exige là d’être pensé.[1] 

Nous savons fort bien que tous que les hommes de science pensent. Aussi, le fait scientifique résulte-t-il d’un travail complexe de l’esprit. Il est construit, non donné. « Les faits sont faits », écrit Édouard Le Roy, un tenant du pragmatisme scientifique. Quant aux lois de la science, elles énoncent ce qui se passerait si certaines conditions venaient à être réalisées, non ce qui se passe dans la réalité. Elles valent pour un monde édifié par l’esprit, mais pas toujours pour le monde réel, d’où la possibilité d’accidents.

Dans son Essai sur la connaissance approchée Gaston Bachelard, épistémologue, souligne que « l’acte de connaissance (celui de la science) n’est pas un acte plein. S’il est joué avec aisance, c’est parce qu’il se développe sur un plan irréel. » Toutefois, les faits scientifiques sont loin d’être des jeux d’enfants, même si certains savants, tels, un Archimède, un Henri Poincaré, un Albert Einstein, sont doués d’intuition divinatrice, cet éclair de génie, par lequel la solution d’un problème théorique ou pratique apparaît subitement à l’esprit.

De même, les théories scientifiques sont des constructions symboliques. Elles satisfont l’esprit par leur cohérence. Elles ne correspondent pas au réel. Voilà pourquoi on recourt souvent en science à des théories opposées. « Il y a toute une éristique à la base de l’heuristique », précise Bachelard dans un jeu de mots. Mais surtout, poursuit-il dans La philosophie du non, « la certitude authentique  est celle qui suit une erreur rectifiée. » Avant lui, Ferdinand Gonseth déclarait : « Il n’y a pas de pont zéro de la connaissance scientifique ou rationnelle. Celle-ci est précédée par une première connaissance objective, qui est une première erreur. »

 Ainsi, la science ne nous donnerait de la réalité qu’une représentation commode et pratique. Elle serait, selon le mot de Condillac, « une langue bien faite. »  Si l’on préfère, elle est nominaliste, elle sait nommer, d’ailleurs, contrairement à la philosophie, ou encore, elle est terministe, elle sait choisir les termes. Sa langue : les mathématiques.

Le « je pense, donc je suis », cogito, ergosum, de Desartes, ouvre la porte à la subjectivité, c’est-à-dire la pensée centrée sur le « Je » du sujet. Le cogito, ergo sum  cartésien est un legs de saint Augustin. Dans son De Civitate Dei (De la Cité de Dieu) Augustin déclare : « Si je fais erreur, je suis », si enim fallor, sum. Ce penseur de la Patristique, la philosophie des Pères de l’Église, au IVe/Ve siècle de notre ère, est considéré comme un précurseur de l’existentialisme.

 De même, saint Thomas d’Aquin, appelé le  Docteur angélique, à cause de son intelligence d’ange, une autorité de la Scolastique du XIIIe siècle ap. JC, est aussi un existentialiste dans le sens le plus strict. Dans son Commentaire sur la puissance, le De potentia, l’Aquinate accorde la perfection la plus parfaite à l’existence eu égard à l’essence. Ainsi, Dieu, étant l’Être le plus parfait, en conséquence existe. Son essence est son existence.

Toutefois, l’existentialisme moderne commence avec la critique du cogito, ergo sum de Descartes par Sören Kierkegaard. « Plus on pense de façon objective, moins on existe ; et en ce sens le je pense, donc je suis donne une analyse inexacte de la situation de l’homme. » Donc, il faut procéder à un examen critique du cogito. Selon Karl Jaspers, le cogito a manqué son but : l’existence. Tant il est vrai qu’on finit par découvrir la possibilité de l’inexistence, le néant, comme fond de l’existence.

Heidegger est un philosophe existentialiste dans le sens le plus moderne du terme. Athée, son souci principal, l’existantialité (noter le remplacement par Heidegger de la lettre e du mot existentialiste par la lettre a, donc, existential, existentialité, deux mots qui ne s’appliquent qu’à l’homme, puisque Dieu n’existe pas) du Dasein, en français l’être-là, celui de l’homme, jeté seul dans l’existence. Donc, un Dasein voué à la finitude, si vous voulez à une mort certaine, sans aucune autre perspective. Il n’y a pas un au-delà. Jean-Paul Sartre est aussi athée. Il raconte dans Les Mots qu’il a « pincé le Saint-Esprit dans les caves et l’en a expulsé. » Cependant, dans L’existentialisme est un humanisme, Sartre avoue candidement « qu’il est très gênant que Dieu n’existe pas, car avec Lui disparaît toute possibilité de trouver des valeurs dans un ciel intelligible; il ne peut plus y avoir de bien a priori, puisqu’il n’y a pas de conscience infinie et parfaite pour le penser ; il n’est écrit nulle part que le bien existe, qu’il faut être honnête, qu’il ne faut pas mentir, puisque précisément nous sommes sur un plan où il y a seulement des hommes. Sartre cite ce mot de Dostoïevski : « Si Dieu n’existait pas, tout serait permis. »[2] Le cas de Sartre me rappelle celui de Nietzsche, un autre champion de l’athéisme. Dans son livre, Le Gai Savoir, le voilà qui s’exclame : « Où est allé Dieu ? Je vais vous le dire. Nous l’avons tué… vous et moi. Tous, nous sommes ses assassins! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné une éponge pour effacer tout l’horizon? Qu’avons-nous fait quand nous avons détaché la chaîne qui liait la terre au soleil? Ne tombons-nous pas sans cesse? N’allons-nous pas errants comme par un néant infini? »

La science ne s’interroge pas sur Dieu. Il revient à la philosophie de le faire. Un problème de taille. Pascal l’a esquivé par son fameux pari : si Dieu n’existe pas, nous n’avons rien à perdre, s’il existe, nous avons tout à gagner, et aussi en dédaignant dans son Mémorial le Dieu des philosophes, qu’il oppose au vrai Dieu, celui d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

Quelle est notre raison d’être sur cette terre ? Oui ou non, la vie humaine a-t-elle un sens, et l’homme a-t-il une destinée ?

Questions graves qui ne cessent d’exiger une réflexion du philosophe, non du savant. Sinon, selon le propos de Sartre, la vie devient « une passion inutile », un gala de l’absurde. « J’étais de trop pour l’éternité… une extase horrible », écrit l’auteur de La nausée. « Tout existant naît sans raison, se prolonge par faiblesse et meurt par rencontre », ajoute-t-il.

Certes, la science aide l’homme à vivre. La médecine lui est utile, tout comme la physique, la biochimie, l’astronomie, qui, d’ailleurs, font des mathématiques leur langage. Mais loin de la pensée scientifique de réfléchir sur le sens de la vie. C’est donc en tant que philosophe de l’existance que Heidegger a déclaré que LA SCIENCE NE PENSE PAS, sous-entendu à ce genre de problème.

Albert Camus, au début de son Mythe de Sisyphe, me vient à l’esprit : « Juger si la vie vaut ou pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie. »

Ainsi, la connaissance philosophique se caractérise par son orientation vers l’être réel des êtres qu’elle cherche à expliquer et à comprendre. Et ce, pour ma part, contrairement au courant athée de l’existentialisme moderne, dont Heidegger et à Sartre font partie, dans la lumière de l’Être d’où dérive l’être de tout ce qui est. » Telle est la démarche des existentialistes croyants, comme Karl Jaspers, Gabriel Marcel, reprise en partie par un Jacques Maritain et un Jean Guitton.

Pour terminer, je suis parfaitement d’accord avec Flambert sur le fait que tous les hommes pensent. Aristote définit l’homme, serai-il un Barbare, comme « un animal rationnel. »

La pensée humaine relève de la fonction intellective de l’âme, affirme Aristote, dans son traité, De l’âme, Περί ψυχής/Péri Psukhês, traduit par De anima en latin. Le Maître grec est suivi dans ce sillage par les philosophes arabophones, par exemple Ibn Sina (Avicenne), Al Ghazali, Ibn Rushd (Averroès), repris par les grands ténors de Scolastique latine, Albert le Grand, son élève, Thomas d’Aquin, saint Bonaventure, Jean Lepage,  Duns Scot, Guillaume d’Ockham, Jean Buridan, et j’en passe. Pour ces aristotéliciens de l’Europe, tous les vivants, les plantes, les animaux et les hommes, ont une âme. Les plantes ont une âme purement végétative, servant à leur reproduction. L’âme des animaux est dotée de deux fonctions, la sensitivo-appétitivo-motrice, et l’estimative ; celle-ci leur permettant d’éviter les dangers. Seuls les hommes pensent, à cause de la priorité de la faculté intellective de leur âme.

Michel-Ange Momplaisir

[1].- Entretien avec le professeur Richard Wisser in Cahiers de l’Herne,  « Heidegger », p. 95.

[2].- Gallimard (Folio), 1996, pp 38-39.

[3].- Le Dieu des philosophes ? Une première cause, un premier moteur, pour Aristote, une solution au solipsisme (je suis seul à exister) de Descartes, un principe de départ de la métaphysique, une porte d’entrée pour d’autres. Chez Plotin, un auteur du IIIe siècle de notre ère, Dieu serait ce qu’il appelle l’Un, ineffable, arrheton, un Super-essentiel, un Super-être, voire, un Point-néant. Il est netti netti (ni ceci ni cela), chez le philosophe indien Shankara. Voilà ce que Blaise Pascal a refusé, le Dieu des philosophes, en choisissant plutôt le Dieu d’Abraham, d’Isaac, et de Jacob, le Dieu de la Révélation, le Dieu de la Doctrine sacrée, la Sacra doctrina. Pour se moquer des philosophes, qui souvent ne se privent pas de narguer bien des gens, comme Heidegger devant la société des scientifiques de Freiburg, on dit que leur Dieu ressemble à Celui de cette fillette de huit ans. Subissant, en vue de sa première communion, son examen de catéchisme devant le curé, celui-ci, évidemment, lui pose la question : « Qu’est-ce que Dieu ? » Elle répond candidement : « Dieu est un pur esprit entouré d’eau de tous les côtés ! » Que de choses nous échappent ! Souvenons-nous de Shakespeare : « Il y a plus de choses sur la terre et dans le ciel que n’en imagine toute philosophie », fait-il dire à Hamlet. Bien avant ces illustres penseurs, le Grec Claude Galien, médecin, anatomiste de renom, philosophe stoïcien du IIe/IIIe siècle ap. JC, avait fait remarquer que la raison humaine n’est pas souveraine. Sa déclaration l’indique bien : « Pauvre raison, après nous avoir pris les moyens de preuve, tu veux nous abattre ! Ta victoire est ta défaite. » En conclusion, mieux vaut s’accrocher à l’humilité. D’où, le mot de Socrate : « Tout ce que je sais c’est que je ne sais rien. » Celui de Jésus le Christ : « Bienheureux les pauvres en esprit », certes, ceux qui en sont conscients. Celui de Maître Jean Eckhart, un sommet de l’intelligentsia allemande, XIIIe/XIVe siècle, dans son livre, Le Détachement (Von abegescheidenheit), la sérénité, le vide, la Gelassenheit. Sans l’humilité, « la philosophie ne vaudrait pas une heure de peine », pour parler comme Montaigne. La science aussi, du reste. Quant à moi, je le crois vivement. 

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9 avril 2012

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LE CAP SUR LE CAPH

par Maurice CÉLESTIN Jr

En mémoire de feu mon professeur de philosophie René CARRÉ j’ avais lancé l’idée de créer LE CERCLE DES AMIS DELA PHILOSOPHIE( LE CAPH) et par la même occasion rendre un hommage mérité à deux grands adeptes de la philosophie savoir : Dr Volvick RÉMY-JOSEPH et Dr Michel-Ange MOMPLAISIR (Doc Micky) en les choisissant comme Président et membre d’honneur du cercle. L’idée à été en effet lancée et soutenue par la participation appréciée de l’ingénieur Flambert COUSSEILLANT. Mais malheureusement cela n’a été qu’un feu de paille. Jean L.THEAGENE s’amuse à l’appeler le cercle mort-né pour la raison que ce beau projet au berceau n’a pas eu le temps d’ouvrir ses paupières à la lumière resplendissante projetée par les connaissances philosophiques qui guident la pensée logique des gens prédisposés à l’apprentissage du savoir vivre et du savoir faire adéquats, en société. Mais , paradoxalement, ce même Jean vient de relancer la balle en envoyant une belle page de philosophie bien traitée, bien triturée au Dr Michel-Ange MOMPLAISIR et par laquelle , avec beaucoup de délicatesse , beaucoup de finesse il a chanté les louanges dus à l’ingénieur Loty MALLEBRANCHE , ce passionné de la ‘’science de bien penser.’’, de ‘’penser profond’’. Sans faire attention, en le faisant Jean L.THEAGENE a levé l’ancre et a mis le cap sur LE CAPH. Il a pris à bord un matelot de taille en la personne de Loty MALBRANCHE qui, à n’en pas douter, sera d’un appui certain pour l’équipage qui de ports en ports procédera à l’embarquement de nouveaux passagers qui viendront alimenter les réflexions , participer à la collecte des idées positives et surtout aux recherches devant conduire à la compréhension des grands concepts philosophiques non encore bien élucidés. Ils pourront, par exemple, aider à démêler cette ‘’pelote ’’ : ‘’En mer un fin nageur a le choix de sauver sa mère ou sa femme’’. Que doit-il faire ? Ou encore permettre de savoir quoi faire dans une situation pareille : dans une couche difficile ‘’faut-il sacrifier l’enfant pour sauver la mère ou laisser périr la mère pour laisser vivre l’enfant’’? Voilà à autant de questions d’ordre moral et éthique devront répondre nos amis du cercle de la philosophie René CARRÉ!

Nous comptons sur la précieuse collaboration des élèves en classe de philosophie, des étudiants en section de philosophie de l’école normale supérieure, des enseignants et enseignantes en philosophie de tous les niveaux et enfin sur celle de tous les amants de la philosophie surtout les ex-élèves de monsieur CARRÉ qui nous conviait, qui nous suppliait même à ne pas abandonner la philosophie.

QUE VIVE LE CAPH POUR QUE VIVELA PHILOSOPHIE

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