UN TEXTE RETROUVÉ QUI PEUT SERVIR

Posté par lechapeauteur le 10 avril 2015

Nesmypar Me Maurice CÉLESTIN Jr

Le texte ci-dessous que j’avais publié en date du 25 août 2013 trouve son application dans la façon dont l’apprentissage scolaire se fait, jusqu’à nos jours, dans nos écoles. Face à la désuétude du modèle d’enseignement encore en vigueur dans notre milieu scolaire, le titulaire du ministère de l’éducation croit nécessaire et même urgent d’infuser du sang neuf au système en mettant l’accent sur la formation des maîtres tout en offrant l’accès aux technologies modernes tant utiles à l’acquisition des savoirs. La voie choisie par le ministre MANIGAT est certainement celle qui conduira nos jeunes vers un avenir prometteur. Elle sera également et certainement de nature à mettre le pays sur les rails du développement durable.

Mais à côté du fait que je persiste à croire que la « francisation » de la population reste, à mon avis, le moyen le plus rapide et le plus sûr de véhiculer « la pensée »et de faciliter la communication, j’accepte avec le ministre qu’il faut coûte que coûte trouver un moyen efficace pour rendre la construction des savoirs aise et partant à la portée de tous. Il ne faut pas qu’un problème langagier soit à la base des difficultés qui paralysent les élans de l’apprenant.

En attendant  l’apprentissage du français pour tous par la méthode rapide « français langue seconde » l’enseignant peut continuer à distribuer du matériel didactique français et donner les directives en créole aux apprenants. Il ne faut pas oublier que l’enseignant, de nos jours, n’est qu’un simple guide chargé de la gestion de classe, et, comme un maitre de chantier, il a, en plus, pour attribution de distribuer, aux fins de l’apprentissage de ses apprenants, du matériel qu’ils pourront utiliser dans la construction de leurs savoirs. Autant dire, il revient à l’élève de construire lui-même ses savoirs suivant les recommandations de son enseignant. On doit retenir aussi que le créole n’exclut pas le français et vise versa. A mon humble avis, la francisation de la population haïtienne peut se faire en un tour de main. Une langue s’apprend par répétition. Et, étant donné la proximité  entre le français et le créole, l’apprentissage du français par le créolophone reste un jeu d’enfant. On ne doit pas oublier que le créole est du français autrement prononcé et que la majorité des mots du vocabulaire créole sont français. Qu’également, de ce fait,  rares sont les haïtiens qui ne comprennent pas le français. Donc pourquoi, comme cela se fait dans de nombreux pays africains, ne pas franciser la population haitienne et donner à chaque haïtienne, à chaque haïtien, la latitude de communiquer avec aisance dans deux langues et avoir ainsi une plus grande ouverture sur le monde.

Bref, à revenir, sur le système d’enseignement remis en question par le ministre MANIGAT à cause de son inadaptation aux méthodes actuelles, il est, en effet, grand temps, qu’il soit sinon totalement écarté du moins modernisé suivant les VOEUX de ce dernier. Et, en guise de contribution à cette réforme, je prends plaisir à publier, à nouveau, le texte ci-dessous qui pourra assurément servir de guide.

L’ÉCOLE D’AUJOURD’HUI : « LE SOCIOCONSTRUCTIVISME DANS LA FORMATION GÉNÉRALE DE L’APPRENANT »

À parler de l’école d’aujourd’hui, on doit forcément  mettre en contexte l’élève , l’enseignant, les directions d’école, le système scolaire tels qu’ils sont perçus de nos jours. Pour cela, il convient de parcourir le lit de l’histoire du fonctionnement de nos écoles dans le passé et même dans le présent. Pour nous rendre la tâche aisée, nous allons centrer nos réflexions surtout sur le système scolaire haïtien, et, aux fins de trouver des termes de comparaison, nous nous réfèrerons, de temps à autres, au système éducatif canadien dans lequel nous sommes impliqué en tant qu’enseignant.

En Haïti comme dans plusieurs pays, « l’enseignement magistral » était et est encore le seul connu. L’enseignant entre en salle de classe en maître et seigneur et dispense son cours, à la manière d’un prêtre des temps passés qui de son autel parlait de Dieu sans se soucier de l’avis des fidèles qui se devaient de l’écouter en silence et sans pouvoir placer un mot. Il faut dire qu’il y a un peu d’exagération dans ce que nous disons, à propos de l’atmosphère qui règne en salle de classe traditionnelle car l’apprenant a quand même le droit de poser, de façon modérée, des questions à son enseignant qui dispense son cours sans sa participation active, il est vrai. C’était ainsi que cela se passait en salle de classe. C’est encore ainsi, malheureusement, les relations maître-élèves dans nos écoles en Haïti. Tout pour expliquer que seuls les doués ont la chance de réussir dans leurs études où la mémorisation est leur grand sauveur. Mais il faut dire que s’il en est ainsi chez nous, le cas diffère ailleurs notamment au Canada. Dans ce pays, le magistral a été détrôné, enterré même pour céder le pas ou mieux la place à une nouvelle façon non d’enseigner mais d’accompagner l’élève. Maintenant, c’est la participation active de l’apprenant dans ce qui se déroule en classe. L’élève d’aujourd’hui est devenu le propre constructeur de ses savoirs. L’enseignant est pour lui un excellent guide responsable de la distribution du matériel de travail, le dispensateur des directives et aussi le superviseur des activités chargé du suivi et de l’évaluation des tâches à accomplir. Il est aussi responsable de la gestion de classe. Il aura à l’œil ses élèves qui travailleront dans l’ordre et la discipline. Pour cela, il mettra en application les différentes techniques de gestion de classe. La principale sera au départ l’identification des intelligences et des tempéraments qui lui permettra de faire la répartition de ses apprenants, de les placer au bon endroit. Deux taquins ne doivent pas être ensembles, de même que deux timides. Howard Gardner a bien travaillé sur les intelligences multiples. Il les a catégorisées de la façon suivante:

1.- L’intelligence logico-mathématique

2.- L’intelligence spatiale

3.- L’intelligence interpersonnelle

4.- L’intelligence corporelle-kinesthésique

5.- L’intelligence verbo-linguistique

6.- L’intelligence intra-personnelle

7.- L’intelligence musicale-rythmique

8.- L’intelligence naturaliste-écologiste

9.- L’intelligence existentielle

C’est très important pour un maître d’école de savoir à quel type d’intelligence il a affaire. Identifier et connaître l’intelligence et le tempérament de son apprenant c’est savoir quelle pâte humaine il manipule, c’est savoir aussi comment façonner cette pâte à modeler. Ceci à tous les niveaux, primaire, secondaire et même universitaire.

Cette nouvelle manière d’acquérir les connaissances, les compétences et les habiletés n’est autre que le CONSTRUCTIVISME qui est la construction des savoirs à réaliser par l’apprenant lui même sous les yeux superviseurs de l’enseignant, le précieux guide distributeur de projets et de travaux souvent à réaliser en équipe. Le travail individuel est effectué en bout de ligne aux fins d’évaluer les connaissances de chaque apprenant en particulier, pour savoir ce qu’il lui reste de tout ce qu’il  a oublié.

« Dis-moi et j’oublierai, montre-moi et je me souviendrai, implique-moi et je comprendrai »
Cette citation est revendiquée par un nombre incalculable de personnes. Quelle soit de CONFUCIUS ou autres, cela importe peu. L’essentiel c’est qu’à elle seule, elle répond tout à fait bien aux vœux du CONSTRUCTIVISME qui entend à ce que l’apprenant des temps modernes soit le premier responsable de la construction de ses savoirs. Qu’il soit impliqué à fond dans sa formation, mieux, dans son « instruction ». Nous écrivons  » instruction » entre guillemets pour mettre l’accent sur le fait que l’instruction à elle seule ne suffit pas au bon fonctionnement de l’homme dans le corps social. Cette réflexion a porté le système éducatif à solliciter l’aide des parents qui doivent compléter le travail de formation réalisé en milieu scolaire. À un niveau supérieur, l’apprenant peut être responsable de ce volet. La lecture, l’expérimentation,  la mise en application du comportement d’autrui en tant que modèle, le vécu social sont tous des facteurs qui doivent lui permettre de bien intégrer et s’approprier  les règles du vivre en société. Une fois dans le bain, l’adulte arrivé au stade de professionnel, se retrouvant en milieu du travail, se rendra bien compte que pour bien fonctionner, il devra s’accommoder de certaines exigences inhérentes à la vie en société. Vivre ensemble implique bien des règles à suivre qui souvent échappent à des professionnels. Cette lacune est immanquablement préjudiciable à leur avancement. Ils se comportent en inadaptés, en mal d’intégration, ce qui est très gênant non seulement pour leurs collaborateurs mais également pour eux-mêmes. Cette constatation a amené le système scolaire canadien, par exemple, à prendre en compte cette nécessité d’accompagner l’élève dès le tout premier niveau  à construire  non seulement ses savoirs du point de vue cognitif mais également « son savoir se bien conduire en société ». Il faut dire  que ce n’est pas l’unique raison. Il y a une grande vérité qui dit que « nul ne peut donner ce qu’il n’a pas ». Les parents incapables d’accompagner leurs enfants et dans la construction de leurs savoirs et dans celle de leur comportement se recrutent dans tous les milieux mais surtout dans les quartiers défavorisés  où le taux de scolarisation est plus bas. Dans les quartiers huppés habités en majorité par des professionnels, nombreux sont les enfants livrés à eux même du fait que les parents soient tellement sollicités par leur travail. Ces enfants aussi font face à la même situation vécue par les enfants  de familles vivant au seuil de la pauvreté. Le système scolaire canadien et celui de bien d’autres pays économiquement forts ont considéré comme étant impératif de résoudre ce problème épineux. De cette nécessité de trouver une solution à cet accroc à la bonne intégration du corps social, au bon fonctionnement dans le milieu de travail, en un mot à la maîtrise des règles sociales est né le SOCIOCONSTRUCTIVISME venu en complémentarité au CONSTRUCTIVISME. Grâce à l’approche SOCIOCONSTRUCTIVISTE, dès la maternelle, l’enfant fait son apprentissage de la démocratie. Il apprend qu’il n’est pas seul dans son environnement. Il expérimente la façon de vivre en harmonie avec les autres même quand ils sont différents de lui de part leur couleur, leur origine, leur appartenance socio économique, leur religion etc… Il construit non seulement ses savoirs mais aussi sa façon de vire avec les autres afin que devenu grand, il ne soit pas un autocrate bouché à l’émeri. Le sens de la mesure, la discipline, le respect des aînés, de ses camarades et de sa personne, l’estime de soi, la fierté, la valorisation de sa personnalité, la concertation, la solidarité, l’amour de la patrie, l’hygiène, la tolérance, l’intolérance vis-a-vis  de l’inacceptable, le respect du bien public sont autant de questions qui ne lui seront pas étrangères et dans lesquelles il s’impliquera une fois pour toutes et tout au long de sa vie et de son parcours scolaire. Arrivé à l’âge adulte, ce jeune apprenti sera un homme pondéré, tolérant, réfléchi, mature, pas seulement instruit, mais armé d’une personnalité lui permettant d’affronter en homme responsable les aléas de l’existence. Voilà la facette de l’école d’aujourd’hui. Voilà le nouveau visage de l’école moderne inconnu malheureusement de nos maîtres d’école appliquant encore les méthodes surannées, désuètes du MAGISTRAL perdu dans les dédales de la chronologie de beaucoup de pays.

On parle de démocratie, mais comment concevoir l’accession à ce régime politique avec cette classe d’hommes et de femmes qui n’ont jamais expérimenté la construction de leurs savoirs « comportementaux » et « cognitifs »? Ils et elles ont fait leurs « classes » sous la férule du « magister dixit » armé de son fouet de néocommandeur qui leur apprend la peur, la honte, les coups bas, le mensonge et la violence si ce n’est la haine de l’école, lieu de torture morale et physique pour bien d’entr’eux. À quoi s’attendre de nos dirigeants qui ont été ainsi façonnés, coulés dans ce moule de frustrations, de rancunes, de non satisfaction et d’acceptation de soi. Ils ne peuvent être que des dictateurs, des autocrates, des durs, des sans cœurs et des voleurs du bien public.

À quand donc la nouvelle « ÉCOLE » en Haïti pour son développement politico socio ‘économique ?

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