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LES ÉLECTIONS EN HAÏTI : QUELLE PAGAILLE! LES ÉLECTIONS AURONT-ELLES LIEU?

Posté par lechapeauteur le 10 avril 2015

elections 1par Me Maurice CELESTIN Jr

La configuration de la situation politique en Haiti est exceptionnelle. Elle est polyforme.  Amalgamée. Inexplicable. Dangereuse et complexe. C’est du jamais vu. Cent cinquante (150) partis politiques inscrits, acceptés et admis à participer aux prochaines élections, cela tient tout simplement du folklore, du loufoque! Un carcan, une impasse, un nœud gordien, un problème insoluble. On l’appellera comme on voudra. Cependant la réalité veut que dans l’histoire du monde, on n’a jamais assisté à une comédie de cette envergure. Une course aussi désorganisée où des malades du pouvoir s’en donnent  à cœur joie. C’est tout d’une grande première dans l’histoire des élections dans le pays. C’est à croire qu’Haiti est la terre, par excellence, des événements classés premiers: Première République noire indépendante du monde, première donneuse d’exemple de détournement d’avion, première kidnappeuse d’ambassadeur, premier sol américain foulé par les conquistadors, premier chef d’Etat du monde à solliciter  la présence d’une force étrangère sur son sol natal et à  réclamer, par la suite, son départ  avec véhémence, première équipe de football à déflorer le filet de l’inoubliable gardien de but italien Dino  ZOFF durant le mondial de 1973  etc… Elle se veut toujours en tête de liste. Aujourd’hui, elle détient le « record Guinness » en matière  électorale. 150 partis politiques. Pléthorique, folklorique: le moins que l’on puisse dire. On se demande perplexe, comment le CEP va procéder  pour la réalisation de ces élections? Le bulletin de vote sera de quelle dimension? De celle d’un journal? Un rouleau à déplier. A déployer, à étendre par terre pour pouvoir faire un choix ou quoi? Encore une invention à l’haïtienne à prévoir! Il n’est que d’attendre dit le sage. Mais en tout état de cause, il est difficile de comprendre de quel stratagème vont user ces chercheurs du CEP pour découvrir une façon de gérer, de résoudre ce problème qui semble, au demeurant, insoluble.

Est-ce une situation crée volontairement aux fins de rendre impossible la tenue des élections? Cela en a tout à fait l’air quand  on analyse le comportement de monsieur MARTELLY face à ce coup de théâtre.  Le Président Michel MARTELLY, tout en amont de la crise, demande au CEP de soustraire de la  liste son parti TÊTE KALÉ. Que signifie ce geste obscur, inattendu, imprévisible? Aussi imprévisible et inexplicable que le départ précipité de son ministre des affaires étrangères. Étrange, en vérité! il est plus que clair que le chef d’Etat veut signifier au pays et surtout aux mains qui financent lesdites élections qu’il tient à se démarquer de ce  » brigandage » monté de toute pièce par des assoiffés, des malades mentaux qui désirent, par tous les moyens,  assauter le pouvoir dans l’intention de  prendre ou de reprendre leur part du gâteau et passer ou de repasser à la mamelle de cette vache laitière qu’a toujours été Haiti, cette mère nourricière aux deux seins différents, l’un amer et l’autre sucré. Le sucré pour les nantis et le fielleux pour les anéantis. Tout laisse croire qu’en posant ce geste, le premier citoyen de la nation indique à qui veut comprendre que les élections n’auront pas lieu. Ne peuvent pas avoir lieu. Impossible de les réaliser dans ce tohu-bohu. Embouteillage. Émondage inapplicable, inopérable. Une avalanche ( lavalasse) de candidats et de partis politiques portant des dénominations les unes plus hilarantes que les autres. On entendra: TÊTE KALÉ, FAMILLE LAVALASSE, UNITÉ, EN VÉRITÉ, POZÉ, RÉPONS MOUN NAN MORNE, BOURIK CHAJÉ etc… etc… Sur quelle base le CEP pourra-t-il décongestionner la liste tandis que tous les partis agrées remplissent les conditions requises. Ce serait appliquer la politique du deux poids deux mesures d’autant que les quelques éliminés l’ont été publiquement. De même que ceux qui ont été acceptés. Alors quoi faire? La réalité tient tout le reste en état. Peut-on aller aux élections avec 150 partis politiques devant présenter, en plus des candidats indépendants, un nombre imposant d’inscrits qui certainement répondent aux critères d’éligibilité. Dupont et ses assistants doivent faire attention pour ne pas verser dans le parti-pris, dans les abus de pouvoir et d’autorité. Cela pourrait compliquer davantage la situation. Francois DUVALIER, dans ce cas précis, aurait certainement déclaré que « de pareilles élections sont une vraie farce. Ils sont tous devenus fous. » Et organisateurs et participants. Observateurs encore pire. Autant dire : Ceux qui peuvent comprendre se diront: Adieu élections.

Scénario à envisager : La communauté internationale conviendra certainement avec MARTELY qu’il n’y a pas lieu d’organiser des élections dans une atmosphère, dans une conjoncture pareille. Les critères d’éligibilité doivent être révisés. Pour cela, une nouvelle Constitution s’impose. A la limite, un amendement en profondeur. Dans les deux cas, il faut prévoir une Constituante, cette fois-ci avec des patriotes compétents et intègres. Conséquemment, l’actuel Président restera au palais national jusqu’en Février 2016 et aura, durant cette période, à diriger par décret en accord avec un conseil de sages. Alors, ce sera, pour lui, heureux accouchement. Le décret le plus important et le plus urgent, peut être le seul aussi, sera, sans conteste, celui qui ordonnera la  formation de la Constituante ayant pour tâche  d’écrire une nouvelle charte conforme à la réalité du pays. Une Constitution devant faciliter la gouvernabilité de la nation par la restauration de l’autorité de l’Etat. Après le départ de monsieur MARTELLY, les destinées de la nation seront entre les mains d’un président provisoire chargé d’organiser, espérons, des élections honnêtes, crédibles et démocratiques avec un nombre limité de partis politiques présentant au « combat électoral » des candidats valables et dignes de ce nom.

Conséquences : Ce sera, si tout se déroule bien, au mieux des intérêts d’Haiti. Mais d’un autre côté, les mécontents seront très nombreux. Quand on est atteint  du virus du pouvoir, on devient fou à lier. Le désir d’être élu Premier citoyen du pays est ardent et même irraisonnable sur les bords. Tous les candidats sont des prédestinés. Tous possèdent une tête présidentiable et présidentielle. Le BOKOR, le très cher frère, le prête, le voisin, la voyante avaient tous prédit, que devenu grand, il serait Président quand ce n’est pas la grand-mère ou le grand-père qui avait vu en rêve le petit garçon recevoir, en grande pompe, la banderole présidentielle, main sur le cœur, prêtant le serment, mille fois violé, de travailler au bonheur de tous les haïtiens. On comprendra  le désappointement de la population fatiguée de voir languir le pays de même que celui des membres du CEP décidés, cette fois-ci,  à faire la différence en délivrant une bonne marchandise. En offrant des élections honnêtes, libres et démocratiques. On comprendra enfin la déception, par exemple, d’un Me Jean Henri CEANT qui, de l’opinion de tous,  serait le candidat, le grand favori qui allait, à coup sûr, remporter haut les mains les élections dès le premier tour.

Déception, désappointement ou tout ce que vous voulez, mais la réalité est celle qu’elle est: A bien considérer: LES ÉLECTIONS N’AURONT PAS LIEU car  tout semble indiquer qu’il est impossible qu’elles se tiennent dans cette atmosphère de « carnaval électoral. » Pléthorique et folklorique.

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