HAÏTI : ÉPUISEMENT DES NÉGOCIATIONS

Posté par lechapeauteur le 21 janvier 2015

coucher-de-soleilpar Me Maurice CÉLESTIN Jr

La  lumière s’est brusquement éteinte. L’espoir a cédé sa place au désespoir. Alors qu’on vivait avec le sentiment que tout allait être  réglé et que l’atmosphère politique  reprendrait sinon sa marche normale du moins qu’un vent de changement soufflerait sur l’ordre des choses devenues chaotiques et même périlleuses pour le pays, d’un coup, le soleil a pris une  autre direction, celle qui conduit à l’irréparable, au désastre, à l’imprévisible. Le Premier ministre que la population avait accueilli avec joie et qu’elle avait reçu à la manière d’un sol desséché à l’attente d’une pluie qui tardait à tomber, a prononcé, au départ, un discours ayant suscité pas mal de controverses. Certains pensent que de sa bouche sont sortis des propos trop flatteurs à l’endroit du président de la République et de sa famille. Ce qui crée des inquiétudes. Serait-il déjà vassalisé par le chef d’Etat? Sera-t-il un soumis, un simple exécutant aux ordres du « dirigeant par décret »? Sera-t-il complice au retour de la dictature tant crainte par le peuple haïtien qui a tant souffert de cette mauvaise façon de gouverner un pays?

D’autres par contre, dont moi-même, ont eu une autre lecture du discours de monsieur PAUL. Pour ce qui me concerne, j’ai été heureux de constater qu’il existe une franche relation entre lui et le chef d’Etat. Pour moi c’est bien et c’est signe que la cohabitation est possible et que c’est tout au mieux des intérêts du pays. Mais toujours est-il que les avis sont partagés et qu’il importe de respecter les opinions des uns et des autres.

Bref, là où véritablement le bât blesse, là où la crise de confiance prend naissance, c’est qu’au départ, le Premier Ministre affiche un non respect flagrant de ses promesses. Il avait annoncé la formation d’un cabinet ministériel de CONSENSUS.  Or il est clair et net qu’il n’en est absolument rien. Pas l’ombre de ce à quoi on s’attendait. « CONTINUITÉ et non CONSENSUS » est le mot qui est sur toutes les lèvres. In limine litis, l’Haïtien se sent bafoué, roulé dans la farine, pris pour un gros dadais, un demeuré même. Heureusement et c’est ce qui nous console, nous avions eu la précaution de nous poser la question de savoir: Aura-t-il les moyens de sa politique, de ses intentions?

Il semble que non. Vraisemblablement, on sent qu’il a dû assister impuissant au partage du gâteau fait en toute intimité,  entre les membres de famille. Comme on dit en Haiti, « il n’a même pas été un légume dans la soupe ». Un simple figurant dans le film.  Est-ce sa stratégie de jouer au roseau pour résister aux assauts du vent? Attendons pour voir. Mais de toute évidence, la publication du nouveau cabinet ministériel considéré comme un simple replâtrage, représente une insulte, un camouflet, une menterie très mal accueille.  L’étonnement annoncé est toujours attendu car le GÉANT promu est sans doute en chemin mais n’est pas encore arrivé à destination. La montagne, dit-on, a accouché d’une souris.  Et, comme conséquence, tout s’assombrit rapidement. Les manifestations se poursuivent, se succèdent en s’amplifiant. Plus de support. Épuisement de toutes  formes de négociation. On sent que d’un moment à d’autres le rideau peut tomber et l’auteur de DEBAFRE sera obligé de remercier le public et de tirer la révérence en compagnie de tous les acteurs dont l’acteur principal.

IL NE RESTE QU’UNE LUEUR D’ESPOIR: celle promise par Me Jean Henri CEANT.

Mon père savait me dire: « Quand il fait plus sombre, c’est à ce moment précis que le soleil va poindre à l’horizon ». Espérons qu’il en soit ainsi d’autant que Me Jean Henri CEANT semble croire dur comme fer en ces mots. Je pensais que tous les chercheurs de solution avaient le dos au mur. Mais ce soir, j’ai écouté l’interview de Me Jean Henri CEANT accordé à Wendell THÉODORE sur Radio Métropole, je n’en reviens pas franchement. Je me demande comment qu’un homme puisse avoir cette capacité de croire, à ce point,  en ce qui frise l’insoluble. Il paraît que cet homme possède un surplus de sens.  D’un calme déroutant, il persiste à dire qu’il est encore prêt à dialoguer, à négocier. À dialoguer avec qui, à négocier quoi? En tout cas! Nous souhaitons bonne chance à ce grand rassembleur, à ce leader modéré qu’est maître Jean Henri CEANT. Mais pour notre part, nous croyons fermement que la Présidence et le gouvernement ont laissé passer une grande chance, disons presqu’irrécupérable,  de sortir de la crise dont la solution est presqu’introuvable.

Attendons le mot de Dieu !

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